Isabelle Rey – Journaliste

Isabelle Rey – Journaliste au Monde

Bonsoir à tous,

Je suis journaliste au Monde, je suis plutôt spécialisée sur les questions du logement, aussi bien au niveau économique que social. Je suis auteure depuis un certain temps. Je ne suis pas spécialiste de la rénovation énergétique, mais vais essayer de vous présenter les enjeux autour de cette question.

Un historique de la rénovation énergétique

Tout d’abord, un bref historique de la rénovation énergétique, en commençant par la création du Crédit d’Impôt en 2005. Ce dispositif est un des outils majeurs utilisés par les particuliers pour réaliser leurs travaux.

Les Diagnostics de Performance Energétique ont été mis en place dès 2006 pour les ventes et en 2007 pour les locations. L’affichage de la classe énergétique dans les annonces n’est pas toujours respecté. Aucune sanction n’est prévue en cas de manquement.

Rappelons-nous les Etats Généraux de la Rénovation Energétique qui ont eu lieu, en 2007, suite à une promesse de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République, à Nicolas Hulot et à sa fondation. Cet événement a été à l’origine des lois Grenelle de l’environnement 1 et 2. On devait tout verdir. La loi Grenelle 1 posait les principes, la loi Grenelle 2 les mesures d’application. Elles ont notamment créé l’Eco-Prêt à Taux Zéro et la RT 2012.

François Hollande a posé des objectifs importants lors de sa campagne : rénovation d’un million de logements par an. Puis, le Plan Batiment Energie a fixé le seuil à 500 000.

En 2014, fût créé le label « Reconnu Garant de l’Environnement », sous l’impulsion du Plan Bâtiment Durable.

Enfin, la loi de Transition Energétique de 2015 a rendu obligatoire la rénovation énergétique lors de travaux importants. Ce sont les travaux embarqués.

En 2016, l’Eco-Prêt à Taux Zéro a été élargi aux copropriétés.

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Tout d’abord, les outils mis en place sont vivement critiqués.

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De plus, le marché de la rénovation énergétique ne décolle pas.

Peu de travaux d’économies d’énergie sont réalisés. Les artisans s’en plaignent. Pourtant, le Gouvernement a mis de nombreuses aides sur la table.

image (4)Peu de logements sont réhabilités. En 2014, nous sommes à 288 000 logements réhabilités. Nous sommes très loin des 500 000 ! l’ADEME distingue la rénovation performante de la rénovation très performante (qui comprend au moins 2 actions sur 10). Les chiffres datent de 2014, mais il y a eu peu d’évolution.

Les rénovations sont réalisées à 80% par des propriétaires, 11% à l’occasion d’un achat et 43% concernent des appartements (57% dans les maisons).

Les résultats sont décevants.

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Pourquoi cet échec ?

La première raison est que les travaux sont trop chers. En outre, les gains d’énergie ne couvrent pas les travaux. Le problème fondamental est le manque de rentabilité.

La deuxième raison est l’existence de doutes vis-à-vis des gains consécutifs aux travaux réalisés : je ne suis pas sûr des économies d’énergie. Il existe un doute. Il s’agit d’un frein majeur.

La troisième raison est que c’est compliqué. Pourquoi faire des travaux pour un gain hypothétique ? Ils impliquent de nombreuses contraintes (rangement, temps des travaux…) pour un gain très hypothétique. La plus-value n’est pas aussi visible que la réfection d’une salle de bain ou d’une cuisine. Ce n’est pas visible.

Voici les raisons de l’échec : « je n’en ai pas besoin », « c’est trop élevé », « difficile rentabilité des travaux »…

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Il existe une raison plus grave. Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Une enquête de l’Ademe sur la satisfaction des clients : autour de 40 % des clients ne sont pas satisfaits. Or, ils cassent leur tirelire, font les dossiers, demandent des aides… Le taux est important. Avec une action, 33 % ont constaté une amélioration. Les résultats sont meilleurs quand les personnes ont fait deux actions, mais restent insatisfaisants.

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 Par ailleurs, les démarches sont jugées complexes.

 

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Enfin, les intérêts ne sont pas alignés dans une copropriété entre locataires et propriétaires, entre jeunes accédants, qui ont peu de marge de manœuvre financière et séniors, entre résidences principales et secondaires, selon la situation du logement (sous les toits ou au premier étage), selon la nature du chauffage, selon la situation personnelle du copropriétaire (mauvaise santé). au bout du compte, il y a peu de rénovations énergétiques des copropriétés.

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Rendre obligatoire le fonds de travaux aurait dû permettre de développer la rénovation énergétique des copropriétaires. Cependant, les syndics professionnels ne s’en sont pas emparés. Ce dispositif a essentiellement été mis en place dans les copropriétés gérées par un syndic bénévole. Pourtant, il s’agit d’un outil intéressant pour permettre l’engagement des travaux de rénovation.

Une remarque de la salle : si les diagnostiqueurs avaient la même responsabilité financière pour les DPE que pour l’attestation Carrez, les diagnostics seraient plus fiables.

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